Fluttering egos

I gather glimpses
      Of passersby
Colors melting
      Into textures
Thoughts unravelling
      In their eyes

On and on they stride
      Their differences
All but whims and
      Matters for disguise

We all hide
      In what captures
Our attention
      And through passion
We flee our demise

Alice Bée, 28 août 2014

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Jouissance de la mort

Je ne fuirai pas la mort comme l’ont fait les dieux
Aucun regard je n’accrocherai à quelque pieux
Libre dans l’âme le cœur joyeux j’accueillerai
La chaleur d’une vision dans chacune de mes fibres
Je crierai à la Lune ses splendeurs ineffables
De lumières irisées qu’aucune ombre n’accable
S’effaceront sombres années et pleurs d’absence
Ne trilleront que chants de louanges et d’espoirs
Que la danse des lucioles révélera chaque soir
S’y joindront en fols feux quelques vers exhalés

 

Pour la Noire s’élèveront mes prières et suppliques
De poèmes érotiques j’ornerai mes paupières
Et l’acuité des larmes ébranlera sa stase
Je me jetterai nue sur sa faux opaline
Les mains tendues vers son implacable vacuité
Inhalant les remugles des heures trépassées
Dans ma bouche mes mots souffleront des échardes
Pour rapiécer les hardes de cette ange de malheur
Puis étendues sur un lit de bugle pourprée
La Mort et moi nous mourrons d’extases sibyllines

 

Alice Bée, 13 août 2014

Radis

RADIS-300

J’ai voulu savoir où me conduirait un radis…

De sa rouge fermeté à sa tendre chair blanche, qui laisse sur la langue le goût noir de la terre. Manger le sol à pleines poignées de carences. Pica, démangeaisons, cloques. Gratter au sang, enlever toute trace de ce qui dépasse. Laisser les trous béants suinter les eaux saumâtres de l’abandon dans l’ombre portée de l’enfance des marâtres : Carmen de la Haine, tueuse de mes rêves et la Hante-Dame Caron, instille-gueuse de terreurs enfantines.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pica_(maladie)

 

Au réveil

Le manque est là
Béance
Que ne comble pas le temps
Perdu à retrouver
Les mots
De l’absence des corps
Du silence des cœurs
De la blessure de l’âme

L’écueil du jour
Déchire
Parcelles de réalité
Confondues de clarté
Arêtes
De la fuite des sens
Des questionnements
De l’impossible confiance

File seule la nuit
Dérive
Acuité risible des songes
Perdus
Dans l’issue exquise
De leur expression
Dans l’eau trouble des pensées

Dhat-Badan

Covert dream
Scapegrace Ophidia
Lurking in the desert
Waiting for words to rush by

The heat draws liquid mirrors
From the sand
Wind wooing a trembling oasis
On the horizon

Sliding thru space
I ride the mirage
To find you smiling
In the blue sunshine

Very near the source

You pick tumbleweeds
Out of a jar
Tiny lust balls
Rippling through fingers of time

So there you are
Opening your heart
And showing
A single silver pearl

And here I am
Uraeus
Coyly coiled
Yet awestruck

Have we met before?
Or was it after?

Will you give a piece of your heart
Or more souls?

Red threads reach out
from your nostrils

Biting my tale
Shedding my skin
I enter your realm
Under the guise
Of the Cuntalini

Silences sonores

Contempler les muettes volutes du ciel
Dont les gris annoncent les trombes à venir

Les silences s’honorent
Jusqu’à ce qu’un mot crève
Du bout des doigts
L’écran précurseur d’orages

L’éclair sourd tire l’amour de sa torpeur
Tonnerre qu’un roulement habille d’échos blancs

La pluie s’est noyée
Dans le sombre abîme
De ton souffle
Qui fuit et s’y lance, sonore